Freins CLB

Freins CLB

Pour commencer un petit historique pourquoi ne pas démarrer par un équipement de sécurité à savoir le freinage!

Sur ce point en équipement francais j'aurais eu le choix (MAFAC par exemple) mais rapidement je me suis orienté vers une marque stéphanoise à savoir les freins CLB en se focalisant sur la période 1960-1980

 

Pourquoi CLB, probablement pour 2 raisons principalement

- mon premier vélo d'adulte était justement avec des CLB donc cela renforce un peu la nostalgie non?

- amateur des équipements light je sais que nous tenons une bonne base de travail!

Ne vous inquietez pas les mafac auront aussi droit à leur article sous peu

 

Présentation société

Pour refaire un peu d'histoire, commencons par la localisation, une entreprise basée sur saint étienne, bassin du cycle francais dans les années 50-70.Clb carte

 

Une firme à la renommée mondiale puisque dans les années 1960-1970 le marché américain était en forte demande d'où une commericalisation des produits CLB avec dans certains cas une marque spécifique (Evian)

 

A ce jour une recherche rapide sur la base européenne fait état de 21 brevets au nom d'Angenieux CLB, principalement pour 2 applications le freinage (et dans les années 70 on retrouve le développement des CLB2 dont nous parlerons plus tard) mais aussi concernant l'assemblage de cadre de vélo avec le partenariat avec Vitus (le mythique 979)

 

Des freins très recherchés à une certaine époque où la recherche de l'allègement était une obession absolue (même si au détriment de la sécurité car il faut le reconnaître la puissance n'était pas leur point fort conception oblige pour les premières générations)

 

Les freins

 

3 modèles vont être détaillés, un article sur le précursseur le modèle racer sera probablement réalisé dans les semaines à venir

 

Modèle GL

Le premier étant le modèle GL, personnellement celui que j'ai eu l'occasion de tester à l'époque. Il s'agit du CLB le plus répandu et qui est resté un standard jusqu'au début des années 90. 

Il s'agit d'un système à tirage latéral de type simple pivot

L'alliage employé est un aluminium de catégorie silicium (13% dans cette nuance d'où la dénomination AS13 dans les références commerciales) largement employé à cette époque en fonderie. Le savoir faire d'angénieux CLB était une parfaite maitrise du moulage par coquille d'où l'utilisation de cette nuance d'aluminium (la présence de silicium était particulièrement adaptée à une telle technique de mise en oeuvre).

Au vue d'aujourd'hui il s'agit d'un alliage présentant des propriétés mécaniques moyennes en comparaison des aluminiums au zinc ou au magnésium.

Ainsi la résistance élastique (Rp0.2) est pour cette nuance autour de 80-100MPa , un alliage 5086 135 MPa, un 6061T6 240MPa et enfin le 7075T6 480MPa (pourquoi avoir choisit les 3 autres nuances pour ce comparatif?, tout simplement car elles ont été démocratisées avec le développement des cadres alu, le 5086 dans les années 90 les possesseurs de peugeot s'en souviendront surement, le 6061 par la suite je me rappelle très bien de mon caad3 de chez cannondale fin des années 90 et enfin le 7075)

Cela ne signifie toutefois pas que sans modifications de conception on aurait un ensemble 4 fois plus rigide en choisissant le 7075 vs l'AS13 (la rigidité à conception équivalente dépend principalement du module d'young qui est très proche pour tous les familles d'alliage). Pour faire simple le module d'Young correspond au lien entre la contrainte exercée et l'allongement dans le domaine élastique, on peut donc dire que c'est un coefficient de rigidité (cela me donne une idée de faire un article de démocratisation du choix des matériaux et des principaux critères "mécaniques)

Mais cela permettrait soit d'affiner encore les éléments (donc un gain de poids complémentaire) ou de modifier le design (augmentation des sections pour limiter la flexion) tout en conservant le poids actuel par la réduction des épaisseurs de matériaux.

Il faut toutefois dans ce cas revoir complètement le process de fabrication, on devine que la force de CLB (le moulage coquille) impliquait l'utilisation de nuances aujourd'hui dépassées, ce qui constituerait aujourd'hui un handicap (les solutions utilisées sont axées sur le forgeage ou encore l'usinage dans la masse). Pour infos les dernières solutions light commercialisées (citons par exemple l'EE Cycle Works brakes ou encore le KCNC B1) sont en aluminium 7075T6

Clb gl

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le second le modèle professionnel qui conserve le principe du GL mais avec une volonté d'alléger l'ensemble par l'emploi de zycral (alliage d'aluminium zinc aussi appelé 7075 utilisé plus tard pour la conception des cadres dans les années 90 avant l'avènement des carbones) ou du titane. Le résultat est spectaculaire avec des étriers selon les séries qui peuvent descendre sous les 100g! (notamment en version compact)

Clb proClb pro et compact

 

Le troisième enfin de nouvelle génération le CLB2  course (et CLB1 à partir des années 80)

Développé dans les années 70 (les brevets francais sont respectivement de 1971 et 1972), il s'agit d'une modification profonde avec passage au tirage central (retour à cette technique utilisée à l'époque du racer). Le poids est annoncé autour de 160g (vs 120 pour le modèle professionnel) mais une efficacité supérieure (d'où le slogan 2 fois plus efficace!)

 

Clb2
 
 
 
 
 
Clb1
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

Et de nos jours?

Malheureusement la société Angénieux CLB n'existe plus, les derniers modèles de frein ont été commercialisés au tout début des années 90. Citons par exemple le CLB Omega (plus que voisin du GL non?)

Clb omega

 

Pour le reste la fin est "tragique" avec 

- un rachat en 1985 par sachs (qui a l'époque rachetait les "petits artisans" francais comme maillard ou huret) nous aurions pu avoir un deuxième groupe d'envergure en europe (en complément de campagnolo) pour concurrencer le japonais shimano (sachs étant allemand mais avec une fabrication principalement francaise sur la partie cycle)

- mais en 1987 Sachs est racheté par Mannessman avec une réorganisation de l'activité et pour finir en 1991 par cesser les petites activités ex francaise. Fin de l'aventure pour CLB!

Ce sont aussi des choix techniques qui ont condamnée CLB, n'ayant par exemple jamais su proposé de système double pivot (cf shimano l'un des précurseurs dans le domaine) ou encore un mode de fabrication qui n'a pas évolué

 

Et le projet dans tout cela?

Quoi prendre dans ce cas? Une réflexion puremement poids militerait pour des compact professionnels mais est ce une bonne solution à l'heure où le freinage a son importance? L'idée met venue en regardant le concept skeleton de Campagnolo pourquoi ne pas avoir un mix entre un CLB2 à l'avant et un professionnel à l'arrière surement un bon compromis non?

Je suis donc partie en quête de ces modèles la suite très prochainement (en sachant que je dois prendre en considération avec le futur cadre la hauteur et adapter le modèle en conséquence)

 

 

Commentaires (2)

Batino
  • 1. Batino | 10/11/2015
Merci pour le commentaire, je vais étoffer les informations
Felix
  • 2. Felix | 09/10/2015
Article très intéressant.

Il manque malgré tout les fameux Space Line, Olympic et Elite de la fin de s années 90.

Felix

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